Monteverdi Hai 450 SS

Monteverdi par Tobias Ullrich

1. Les débuts de Monteverdi

Peter Rosolino Monteverdi est né en suisse en 1934. Son père tenait un garage à Bâle, et le jeune Peter passa son enfance et son adolescence dans cette atmosphère bien particulière d'atelier de mécanique, qui ne le laissait pas indifférent Il débutait sa formation technique chez Vevey, un fabricant de tracteurs agricoles, avant de la poursuivre chez Saurer, bien connu à l'époque pour sa gamme de camions.

Au cours d'un voyage en Italie, il rencontrait Enzo Ferrari, qui lui proposait de devenir son agent sur une partie de la Suisse. Après le décès de son père en 1956,  Peter Monteverdi prenait la tête de l'entreprise familiale, et abandonnait petit à petit l'activité poids lourds du garage pour se concentrer sur la diffusion d'automobiles de luxe, à travers les marques Ferrari et Lancia, puis plus tard Jensen, Rolls Royce et BMW.

Il participait dès cette époque à de nombreuses courses automobiles. Son palmarès fut rapidement éloquent sur des Porsche, Ferrari ou Gordini, puis en Formule Junior. Le jeune homme bénéficiait déjà d'une certaine notoriété dans le milieu de la compétition. Outre la vente d'automobiles, il fut le premier à fabriquer des karts en Europe. Ses deux premières vraies voitures, un petit coupé en 1956 et un roadster en 1957, furent vendues sous la marque MBM à quelques unités. Par ailleurs, la production de Formule Junior contribuait grandement aux résultats de son affaire au début des années 60.

En 1961, il construisait sa première et dernière Formule 1. C'est à son volant qu'il eut un accident qui le fit s'écarter définitivement de la compétition. En 1962, le petit garage était transformé en un immeuble moderne, où Monteverdi continuait de vendre des automobiles de luxe. D'une part, Peter Monteverdi était régulièrement en contact avec une riche clientèle de voitures de prestige, d'autre part, il avait perdu la distribution des
Ferrari en 1965 suite à un désaccord avec le Commendatore. La conjonction de ces deux facteurs le décidèrent à se lancer lui même dans la fabrication de ses voitures de " grand tourisme ".

2. Le " grand tourisme " manière suisse

La première vrai " grand tourisme " de Monteverdi était dévoilée le 11 septembre 1967 au salon de Francfort. Il s'agissait de la 375 S, dont le dessin était signé Frua. L'auto était réellement élégante et sportive, mais de nombreux observateurs notèrent la ressemblance avec la Maserati Ghibli.


Monteverdi 375 S

Monteverdi développa toute une gamme de modèles à la fin des années 60 et au début des années 70. Comme on ne s'improvise pas constructeur du jour au lendemain, le constructeur suisse fit appel aux mécaniques surpuissantes de Chrysler pour animer ses productions. A défaut de prestige, il pouvait au moins tabler sur une réelle fiabilité de ces gros moteurs. Facel Vega, Iso Rivolta, Jensen ou De Tomaso avaient alors adopté la même démarche.

3. La Monteverdi Hai 450 SS

La Hai 450 SS, visait une nouvelle catégorie d'acheteurs, moins " grand tourisme " et plus  " sportive ". Le terme hai signifie " requin ", évocateur de puissance et d'agressivité, dans plusieurs langues d'Europe du Nord. Sans doute Peter Monteverdi voulait-il aussi faire allusion au  mot " hight ", haute en langue anglaise, dans ce cas justifié par les hautes vitesses que pouvait atteindre cette GT profilée.

La Hai 450 SS fit ses débuts au salon de Genève en mars 1970. Son moteur V8 Chrysler de 6974 cm3 était installé en position centrale. Il développait 450 ch SAE, et l'excellent rapport poids puissance de la Hai lui permettait d'atteindre 293 km/h.

4. La Monteverdi Hai 450 GTS

A partir du salon de Genève en mars 1973, la 450 SS devenait 450 GTS. Outre quelques retouches esthétiques (illustrations ci-dessous), elle recevait le très performant moteur Hemi que fabriquait Chrysler en petite série. La puissance était toujours de 450 ch,  mais selon la norme Din, plus exigeante que la norme américaine SAE.


Source : http://www.salon-auto.ch

5. Trevor Fiore

Le dessin de la Hai fut imaginé par Trevor Fiore, et la voiture produite par les ateliers de Fissore. Longue de 4,35 mètres et large de 1,79 mètre, c'est surtout sa faible hauteur de 1,02 mètre qui impressionnait. Marcel Beligond, l'un des pères de l'Alpine A 310, s'était inspiré d'une maquette que réalisa le même Fiore pour la Régie Renault. Trevor Fiore, Frost de son vrai nom, était un designer britannique aux racines italiennes. On lui doit la TVR Trident des années 60 , mais il est aussi connu pour avoir diriger le style Citroën de 1980 à 1982. Il était en particulier l'auteur du concept car Karin qui fut exposé au salon de Paris en 1980.


TVR Trident - Photo Norman Hawkes

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