Glas 1104 / 1304 CL

1. Les origines de Glas

L'entreprise de fabrication de matériel agricole Glas fut fondée en 1883 par Andréas Glas. Son fils, Hans, né en 1890, après un apprentissage dans l'entreprise familiale, complétait sa formation dans le machinisme agricole chez Massy Haris en  Allemagne, puis chez Mc Cormick et Ford aux Etats Unis. Après la période trouble de la première guerre mondiale, il rentrait au pays en 1920, afin de re-prendre en main l'affaire créée par son père. Il en devenait le patron incontesté dès le début des années 30, en confirmant et renforçant la très bonne réputation de l'entreprise dans son domaine.

La production de matériel agricole reprenait dès 1948. Dans le cadre de la reconstruction économique du pays, l'entreprise de Hans Glas connut un brillant développement.  Une première diversification fut entreprise en 1951, avec la commercialisation d'un scooter baptisé Goggo Roller. C'était une première réussite en dehors du domaine agricole.

2. La première automobile Glas

La diversification se poursuivait à partir de 1955, avec la présentation de la première automobile Glas. La Goggomobile fut créée pour répondre à une forte demande de la jeune clientèle qui avait désormais les moyens, grâce à une élévation du niveau de vie, de s'offrir  une petite voiture sur quatre roues. De nouveau, et grâce aux soins apportés en production, le succès était au rendez vous. A partir de 1957, les automobiles Glas étaient importées en France par les établissements Jacques Poch. Mais les petites allemandes étaient vendues dans l'hexagone à un tarif proche de celui des Citroën 2 CV ou Renault 4 CV, bien plus spacieuses. Cela en limitait leur diffusion.

3. La création d'une véritable gamme

Une véritable montée en puissance fut opérée durant la première moitié des années 60, avec la présentation des compactes 1004, 1204 et 1304, des berlines 1500 et 1700, et de la sportive 1300 GT. Ces modèles marquaient bien un changement de cap pour le jeune constructeur  allemand et confirmait l'ambition de Glas pour le futur, qui entendait bien occuper la place laissée vacante après la disparition de Borgward en 1963, en devenant l'équivalent germanique des Lancia ou Alfa Romeo italiens.

4. Une croissance mal maîtrisée

Les observateurs étaient cependant sceptiques quant à l'appétit du constructeur bavarois. Sa capacité annuelle de production avec une gamme aussi pléthorique n'excédait pas 30 000 voitures. Aussi, en raison de volumes modérés, l'absence de rentabilité était un problème chronique. Il s'agissait toujours d'une entreprise familiale, dans laquelle les fonds nécessaires au développement de nouveaux modèles et à leur industrialisation n'étaient pas inépuisables. Enfin, l'absence de notoriété face à un BMW doté d'un passé automobile prestigieux était pénalisante.

En 1966, et malgré un optimisme de façade, la production quotidienne n'excédait que de  peu la centaine d'automobiles, dont une cinquantaine de Goggomobile encore au programme. D'ailleurs, il s'agissait des seuls modèles sur lesquels Glas gagnait de l'argent.

Au bord du dépôt de bilan, Glas n'eut pas d'autre recours que d'accepter les conditions des pouvoirs publics, et de céder ses actifs à l'autre constructeur bavarois BMW. Dès le début de l'année 1967, Glas passait donc sous la tutelle de BMW, et perdait ainsi son indépendance. En reprenant Glas, BMW faisait surtout l'acquisition d'une usine complète avec 4000 salariés compétents.

5. Les breaks Glas 1004 CL et 1304 CL

Le nouveau propriétaire laissa tout de même Glas présenter en septembre 1966 une version CL basée sur sa série 1004/1304. Le résultat, à mi-chemin entre le break et le coupé, n'était pas des plus heureux. Mais BMW fit rapidement le ménage dans la gamme, et les ultimes CL quittèrent les chaînes en décembre 1967.

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