Ferrari

1. Années 50, Fontana

Ce break Ferrari 212 Export fut conçu
dans les années 50 par le carrossier
Fontana pour participer à la célèbre
course Carrera Panamericana, en
tant que véhicule d'assistance.
Il n'y prit jamais part !


2. 1968 : Ferrari 330 GT par Vignale

Vignale exposait au salon de Turin de 1968 ce break de chasse sur base Ferrari 330 GT 2+2.

Le modèle qui servit de base fut produit chez Ferrari en 1965 et expédié aux Etats Unis, à destination de l'importateur américain, la Luigi Chinetti Motors, dans le Connecticut. Vendu neuve à un client américain, la 330 GT 2+2 se retrouvait deux ans plus tard entre les mains de Luigi " Coco " Chinetti junior.

Un client de Luigi Chinetti, l'artiste Bob Peak, souhaitait vivement acquérir un break de chasse Ferrari. La demande qu'il formula au prestigieux constructeur italien se heurta à un refus net. Bob Peak décida alors de travailler avec Chinetti junior, afin d'imaginer le break de chasse tant convoité.

Après étude, ils contactèrent Alfredo Vignale pour donner forme à leur projet. La break de chasse sur base 330 GT 2 + 2 ne reprenait aucun panneau de carrosserie du modèle de série. Une des conditions posée par Vignale à la réalisation de ce modèle unique fut de pouvoir l'exposer sur son stand au salon de Turin 1968.

Des grilles dissimulaient les phares à l'avant. A l'arrière, un imposant arceau, peu gracieux, divisait le toit en deux parties. Pour Vignale, au bord du gouffre financier, cette voiture résonnait comme un champ du cygne. Ce type de carrosserie marginale ne présentait en effet aucun potentiel commercial. Qui plus est, la 330 GT qui lui servait de base venait de  disparaître du catalogue Ferrari.


La voiture en cours de construction chez Vignale

Après sa présentation à Turin, ce break de chasse regagnait le territoire américain. A la fin des années 90, un collectionneur français, Jean Claude Paturau, ajoutait cet objet peu ordinaire à sa collection personnelle, après l'avoir fait restaurer conformément au modèle d'origine.

Mais revenons un peu sur l'histoire de Vignale .... Alfredo Vignale (1913-1969) avait débuté sa carrière en 1930 aux Stabilimenti Farina. Il créait la carrosserie Vignale en 1948. Rapidement, la qualité du travail de cette entreprise familiale lui permettait d'intégrer l'élite des carrossiers italiens. Au cours des années 50 et 60, Vignale travaillait alors pour les plus grands : Alfa Romeo, Lancia, Maserati, Fiat et Ferrari.

Alfredo Vignale fit la connaissance d'Enzo Ferrari au début des années 50. La première voiture au cheval cabré à être carrossée par Vignale fut une 340 America en 1951. Luigi Chinetti, futur importateur Ferrari aux USA, signait d'ailleurs une victoire à la Carrera Panamerica cette même année sur une Ferrari Vignale. Mais dès 1952, Enzo Ferrari entamait une collaboration avec Battista PininFarina. Celle ci allait bientôt devenir exclusive, mettant ainsi " hors jeu " Vignale. Ce dernier, à l'issue de sa coopération avec Ferrari en 1954, aura exercé ses talents de carrossier sur environ 140 voitures de Maranello.

A la fin des années 60, Vignale lançait le petit roadster " Gamine ", sur la base de la Fiat 500. Son prix élevé et ses performances décevantes furent à l'origine de son échec commercial, qui mettait à mal les finances du carrossier. La carrosserie Vignale était cédée à Ghia à la fin de 1969, alors que ce dernier était sous le contrôle de De Tomaso depuis 1967. C'est aussi en 1969 que disparaissait Alfredo Vignale, qui se tuait lors d'un accident de la circulation à bord de sa Maserati, trois jours après avoir vendu sa compagnie. 

En 1970, Ford prenait une participation de 80 % chez Ghia. En 1972, De Tomaso lui cédait les 20 % restant. Par voie de conséquence, la marque Vignale devenait la propriété de Ford. La carrosserie Vignale n'existe plus en tant que telle depuis plus de trente ans. L'usine fut reconvertie à la fabrication de la De Tomaso Pantera.

On a récemment vu Ford utiliser le nom de Vignale pour un concept car sur base Ford Focus  présenté au Mondial de l'Automobile 2004. Le dossier de presse précisait : " Le Concept Focus Vignale doit son nom au célèbre styliste italien, Alfredo Vignale, dont l'histoire est étroitement liée à celle du style de Ford en Europe. Ce n'est pas un hasard si ce nom a été choisi pour une voiture dont les moindres détails sont particulièrement soignés ". Quand on sait qu'Alfredo Vignale n'a jamais travaillé pour Ford, cherchez l'erreur !


La 330 GT " de série " dessinée par Tom Tjaarda, chez Pininfarina


3. 1975 : Ferrari Daytona Sport Wagon par Panther et Chinetti

Luigi Chinetti Junior, toujours lui, fut à l'origine de ce break sur base Ferrari 365 GTB 4 " Daytona ". Du modèle d'origine, il n'y a que le capot et le pare-brise qui furent conservés.

Philippe Pernodet, nous apporte les précisions suivantes au sujet de cet engin :

" Cette voiture fut réalisée par Panther en 1975 sur une commande de Luigi Chinetti Junior. Elle a été extrapolée d'un dessin de style qui représentait une Cadillac break coupé, un projet avorté qui traînait dans les cartons de Chinetti. Sur l'insistance d'un commanditaire mystérieux " obsédé " par l'esthétique de ce dessin, et qui désirait une version " ultra sportive " de ce projet, Chinetti chargea les gens de chez Panther d'exécuter une " version Ferrari "  de cette composition exotique, sur un dessin de Bob Gittleman.

En dépit de ce qui a pu être dit, écrit ici et là (et y compris imprimé sur certains dépliants publicitaires Panther) la " 365 sport wagon " n'a jamais été équipée d'un turbo ! De nombreux documents parlent d'une puissance de 700 ch (ou plus !) ainsi que d'une vitesse de pointe supérieure à 230 mph ... Tout cela est rigoureusement faux ! La réalité est que le commanditaire avait l'intention de faire modifier le moteur et que la solution du turbo a été proposée par Robert Jankel (patron de Panther à cette époque), ce dernier a extrapolé une puissance " possible à atteindre " ainsi que la vitesse de pointe " théorique " qui en découlait, mais ces belles intentions sont restée lettre morte, le commanditaire ayant décidé de conserver les prestations d'origine ... Et ce n'est déjà pas si mal : La Panther Nart, ainsi nommée par la majorité des amateurs qui fantasment sur ce break " frôlant les 400km/h ", conserve en fait les performances d'une classique Daytona ! "


4. 1977, Ferrari 365 GTC/4 par Felber et Michelotti

Cette Ferrari 365 GTC/4 fut métamorphosée par le carrossier suisse Felber, sur une proposition de Michelotti. Sa présentation remonte au salon de Genève en mars 1977. Le modèle de série, la Ferrari 365 GTC/4, fut dévoilée à Genève en 1971. Son style s'apparentait à celui de la Daytona de 1968, mais avec une habitabilité accrue et un vrai coffre à bagages. Sa carrière fut interrompue dès la fin de 1972, après que ne soit dévoilée sa remplaçante, la 365 GT4 2+2 (future 400 et 412). Durant cette carrière éphémère, 500 exemplaires avaient vu le jour, dont une majorité fut exportée vers les Etats Unis.  


Source : Les Ferrari de route et de rêve, Antoine Prunet, 1980


Quelques autres réalisations de Felber durant les années 70


Des lignes bien plus tendues que sur la 365 GTC/4 de série


La Ferrari 365 GTC/4 de série


5. Ferrari 365 GT4 par Felber

Felber réalisa également un break de chasse sur base Ferrari 365 GT4. Celui ci fut dénommé Croisette (source Franck Kegelart).


Source : http://www.kldconcept.com


6. Ferrari 456 GT par Pininfarina pour le Sultan de Brunei

Pininfarina dessina et construisit plusieurs versions spéciales de la Ferrari 456 GT pour le compte de la famille royale de Brunei en 1995 et 1996. Leur nombre exact est inconnu, tant les sources d'information divergent sur ce sujet " confidentiel ", mais il avoisinerait la vingtaine. Trois types de carrosseries furent fabriqués : berline quatre portes, cabriolet et break cinq portes. Toutes portaient le nom de Venice. Ces voitures demeurèrent inconnues du grand public durant de nombreuses années, avant que quelques unes ne soient vendues par leur propriétaire ces dernières années. 

Les quelques illustrations ci-dessous mettent en valeur les lignes du break, que l'on classe volontiers, malgré ses cinq portes, dans la catégorie des shooting brake, ne serait ce qu'en raison de la noblesse de la mécanique qui l'habite, et de l'interprétation sans défaut de Pininfarina. Par rapport au coupé de série, l'empattement était allongé de 20 cm.


7. VandenbrinK Design

Source : http://www.vandenbrinkdesign.com, avec l'aimable autorisation de Michiel van den Brink. Vandenbrink Design, société hollandaise, a imaginé un break de chasse sur la base de la Ferrari 612 Scaglietti. Avis aux amateurs fortunés, cette voiture ne sera produite que sur commande spéciale.

Retour à la page " Les italiennes "
Retour à la page Shooting Brake, Break de Chasse & Cie